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Author: tdomf_d7bde
• Lundi, décembre 08th, 2014

C’est Marguerite Pozzoli, directrice de la bibliothèque iatlienne d’Actes Sud et traductrice, qui m’a envoyé ce livre avec la chaude recommandation de le faire connaître.Grand poète et romancier, Valerio Magrelli enseigne la littérature française à l’Université de Cassino. il a traduit Mallarmé. il a traduit Mallarmé, Valéry, Verlaine, Beaumarchais, Barthes et Koltès entre autres.
Dans cet ouvrage, Valerio Magrelli aborde sa relation avec son père, Giacinto, mort à 83 ans.De manière terriblement vivante, l’auteur nous restitue ce Giacinto au caractère parfois insupportable, émaillant son récit d’anecdotes qui évoquent par moments les films burlesques américains. Un père qui cachait aussi des trésors de délicatesse, passionné d’architecture, qui a donné à son fils le goût des églises baroques et qui l’a incité à toujours aller voir ce qu’il y a derrière une porte fermée.
Mais le portrait du père est inséparable du désir de connaissance de soi du fils, ‘comme si la maladie de l’infirme pouvait constituer la guérison de l’infirmier’. Tissé de citations et d’autocitations, jouant sur des métaphores, des contrepoints, des jeux de mots et de sonorités, le livre nous ouvre une multitude de perspectives, chaque chapitre se présentant comme une poupée gigogne renvoyant à une autre oeuvre, un autre chapitre, en un infini et troublant jeu de miroirs.

Cet article a été déposé par Marie-Ange Hoffmann.

Author: tdomf_d7bde
• Vendredi, décembre 05th, 2014

Ces vingt histoires gaies plus une triste sont un vrai régal. Mauro Corona, écrivain, alpiniste, sculpteur, grand amoureux de la nature, nous parle à travers ces nouvelles de sa passion pour ces montagnes de Venetie, où il a passé son enfance avant la terrible catastrophe de la vallée du Vajont dévastée en 1963 par la rupture d’un barrage (merci Wikipedia!).
On se régale de ses récits de chasse en compagnie de braconniers dignes de Maurin des Maures. Et l’histoire triste de l’ânesse qui se jette dans le vide à la suite de son ânon nouveau-né est bien émouvante. Quand il sort d’Italie pour escalader les montagnes de Californie, sa rencontre avec la « rangéra » du parc de Yosemite est particulièrement savoureuse.
Mais à travers tous ces récits drôles, émouvants et écrits dans une langue simple et … allègre (on pense à Pagnol), c’est le regret, la nostalgie d’une époque révolue que l’auteur nous fait partager : avant le tourisme de masse, avant les réglementations parfois abusives, avant l’écologie institutionnalisée. « Questi racconti allegri, nonostante il titolo, sono disperatamente malinconici » …
Ces histoires sont courtes, faciles à lire (on apprend pas mal de noms d’arbres, d’animaux …), et drôles. Mi sono piaciuto molto !
Ce livre est disponible à la Bibliothèque de la Dante.

Cet article a été déposé par Frnçoise Pasco.

Author: tdomf_d7bde
• Lundi, janvier 13th, 2014

Ce roman, à travers la vie d’une grande famille de paysans métayers de Vénétie, les Peruzzi, raconte l’histoire de l’Italie dans la première moitié du XXième siècle. La fiction se mêle à l’histoire, Mussolini jeune, encore socialiste, fréquente la famille. Les paysans sont alors encore traités comme des serfs sous la coupe de riches propriétaires terriens.Puis, la famille adopte la doctrine fasciste et fait partie des colons qui vont participer aux gigantesques travaux d’assèchement et de la mise en valeur de la région des Marais Pontains.
Le narrateur, un des héritiers de la famille dont l’identité ne sera dévoilée que dans les dernières lignes du roman, parle comme on raconte, prend à partie le lecteur, c’est souvent drôle malgré le sérieux du sujet. « Il fallait du culot, et un vrai talent de conteur, pour oser dire l’inavouable, et en outre rendre hommage au monde paysan. »(Telerama)
Pennacchi a obtenu en 2010 le prestigieux prix Strega pour ce passionnant roman, critique des politiciens, de la lâcheté des dirigeants, des travers du peuple italien, mais aussi de sa vitalité, de son courage …et une description des conditions de vie quasi féodales de l’Italie au début du XXième siècle.

Cet article a été déposé par Pasco Françoise.